Treize facettes de Cate Blanchett scintillent aux Beaux-Arts

New interview with Cate Blanchett for Le Monde newspaper about the installation Manifesto currently in exhibition at Le Palais des Beaux-Arts in Paris. Enjoy the reading! (if you can read French)

L’école parisienne accueille l’installation de Julian Rosefeldt « Manifesto », dans laquelle l’actrice incarne différents personnages

Elle apparaît successivement sous les traits d’un clochard, d’une PDG, d’une présentatrice de journal télévisé ou bien encore d’une institutrice. Parfois méconnaissable, l’actrice australienne Cate Blanchett déploie toute la palette de son talent à travers Manifesto, la production de l’artiste allemand Julian Rosefeldt, qui, après Melbourne, Berlin et New York est présentée pour la première fois en France du 24 février au 20 avril aux Beaux-Arts de Paris.
Cette installation regroupe treize écrans, sur lesquels l’actrice joue autant de personnages, qui scandent des monologues élaborés à partir de manifestes d’artistes célèbres du XXe siècle. « Cette culture ne sera pas dominée par le besoin de laisser des traces », clame le clochard au milieu d’une friche industrielle, reprenant le Manifeste situationniste écrit par Guy Debord en 1960.
Sur un autre écran, une femme prononce une oraison funèbre : « Je suis contre les systèmes, le plus acceptable des systèmes est celui de n’en avoir par principe aucun », affirme-t-elle derrière sa mantille, récitant le Manifeste Dada de Tristan Tzara. Un peu plus loin, une marionnettiste coiffée d’un bonnet cite André Breton : « L’acte surréaliste le plus simple consiste, revolvers aux poings, à descendre dans la rue et à tirer au hasard, tant qu’on peut, dans la foule. »
Des textes du cinéaste Jim Jarmusch, de l’architecte Bruno Taut ou du peintre Vassily Kandinsky sont ainsi mis en scène et assemblés comme dans un collage dont la vocation est de leur redonner une nouvelle vie en les plongeant au cœur de la société contemporaine.
Ce travail est le fruit d’une rencontre qui remonte à 2010, à Berlin, lorsque Cate Blanchett fait la connaissance de Julian Rosefeldt par l’entremise du metteur en scène allemand Thomas Ostermeier. L’idée qu’ils travaillent ensemble est immédiate, mais ce n’est que quatre ans plus tard que le projet entre véritablement dans le concret quand Rosefeldt veut monter quelque chose autour d’une poignée de manifestes qu’il venait de lire.
« Il m’a appelée un jour, alors que je jouais à Lyon Les Bonnes, de Jean Genet, avec Isabelle Huppert », raconte Cate Blanchett, qui nous reçoit dans sa loge du Barrymore Theatre à New York où elle fait actuellement ses débuts à Broadway dans The Present, une adaptation par Andrew Upton de Platonov,une pièce de Tchekhov.

« Une expérience “fast and furious” » […]


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