Interview: Cate Blanchett on motherhood, fashion and beauty

Hey everyone!

A new interview with Cate Blanchett for La Dernière Heure (DH.be) magazine!Enjoy the reading!

Cate Blanchett: “Maman, c’est un job à plein temps”

À la tête d’une fratrie de trois garçons et une fille, Cate Blanchett est une actrice et une mère épanouie. Voici ses recettes pour rester zen…
C’est l’une des actrices les plus récompensées du star system. Une institution à elle toute seule. Une quasi légende. Elle a volé sa pâleur à Madame la lune et pourrait sortir d’une toile de Boldini. Lorsqu’elle vous sourit, on dirait en effet le soleil qui entre dans la pièce. Sacrée dimension. Sacré physique surtout. Imposant et léger à la fois. Comme son jeu. Comme ses rôles. Silhouette d’ajonc et volonté d’airain, depuis que cette blonde Australienne s’est lancée dans le cinéma, les superlatifs pleuvent. Tout comme les comparaisons. Nouvelle Meryl Streep pour certains, DeNiro en version féminine pour d’autres, Catherine Elise Blanchett pour l’état civil n’a pas fini de nous séduire ! Rencontre avec une muse protéiforme…

Parlez-nous de vos enfants, Roman, Dashiell, Ignatius, Edith. Sont-ils imaginatifs ? Est-ce qu’ils jouent, lisent, vous font-ils rire ?

“Ils sont trop drôles. L’autre jour, on était en voiture et on chantait à tue-tête ! L’un de mes fils avait ses mains sur ses oreilles, et il m’a dit : ” S’il te plaît. Est-ce que tu peux arrêter maman de chanter ? Quelqu’un risquerait de t’entendre !” (rires) En ce qui concerne leur imaginaire, j’espère qu’il est très riche. Parfois il m’arrive d’aller chez d’autres gens et de me dire, que mes gamins n’ont décidément pas beaucoup de jouets. Je me souviens qu’à un Noël, nous avons proposé à mon aîné, qui avait 11 ans, de lui offrir une tablette Kindle alors qu’on partait en vacances. Comme son sac était déjà plein de livres, il a dit non ! Je pensais qu’il avait décliné ce cadeau potentiel parce qu’il n’avait plus de place dans son sac à dos ! En fait, pas du tout. Il m’a sorti le plus sérieusement du monde qu’il préférait l’odeur de l’encre et tourner les pages en papier ! J’étais très fière de lui et de… moi. Dans mon for intérieur, je me suis dit que je l’avais bien éduqué !”

Élever trois gars, plus une petite fille, cela ne doit pas être de tout repos ?

“Il faut avoir de l’énergie à revendre. C’est un job quasiment à plein temps ! Lorsque j’ai commencé à prendre des cours d’art dramatique, ma grand-mère avait l’habitude de me répéter : “Quand tu joues une pièce, allume les petites lumières de la création qui se trouvent dans ta tête. Mais dès que tu rentres chez toi, éteins-les et redescends sur Terre. Il y a un temps pour l’abstrait et un temps pour le concret !” Elle avait raison et c’est d’ailleurs ce que je m’efforce de faire avec mes enfants. Il y a un temps pour le travail et un autre pour eux !”

Malgré tout vos efforts pour rester une mère standard, vous n’avez pas le sentiment d’être une mère décalée dans votre for intérieur à cause de votre notoriété ?

“Aucunement ! Je suis dans le concret. Je vous donne un exemple. Quand je me rends au supermarché avec mes garçons, je dois, moi aussi, leur expliquer qu’avant de devenir un morceau de viande dans une boîte en plastique, il y avait une vache qui broutait de l’herbe dans la prairie ! Et comme toutes les mères, je dois aussi faire face à leurs réactions. À savoir : des yeux exorbités et un air qui veut dire : Pouah, je ne mangerai plus jamais de viande !”

Quelle mère pensez-vous être ?

“Oh la la, je ne sais vraiment pas ! Je ne me pose jamais la question ! Franchement, vous me voyez m’asseoir à une table et me dire avec un doigt sur la tempe : “Alors Cate, es-tu une bonne ou une mauvaise mère ?” La seule chose que je peux vous dire présentement, c’est quelle mère je ne suis pas ! Avec mon mari, par exemple, nous n’adhérons pas à cette mode actuelle dans les familles dites modernes, mode qui consiste à faire copain-copain avec nos enfants ! Nous pensons aussi, qu’il est extrêmement dangereux de vouloir à tout prix faire en sorte que notre progéniture nous ressemble. Nous ne sommes, bien sûr, pas très à l’aise non plus lorsqu’il s’agit de fliquer nos gars ! Vous savez, donner de l’amour, c’est certes beaucoup plus évident que de hausser le ton. Mais en y réfléchissant bien, un enfant qui n’est pas cadré est un enfant qui se sentira à un moment ou à un autre complètement déboussolé. Moralité : il faut savoir doser ! J’ajoute enfin que le plus important, c’est de laisser ses enfants s’exprimer. Surtout quand ils ont tort ou qu’ils viennent – je ne sais moi – vous casser un truc dans la maison. Cela leur apprend à structurer leur pensée mais aussi à prendre leurs responsabilités…”

L’autorité n’est donc pas pour vous quelque chose de figé ?

“Non, elle doit se nuancer, s’ajuster et être remise en question à chaque étape de l’évolution de ses enfants. Au fur et à mesure, on pose des lois nouvelles et on assouplit d’anciennes. Aujourd’hui, je le constate autour de moi, les parents préfèrent être aimés que craints. Alors, on veut être obéis mais sans se fâcher, interdire mais sans frustrer. J’en conviens, ce n’est pas évident. Trouver la bonne mesure entre le respect de l’enfant et les règles indispensables est un slalom permanent. Mais vous ne m’ôterez pas de l’esprit que la seule autorité valable est celle qui ne se voit pas, ne se remarque pas !”

Comment vous y prenez-vous pour que vos enfants ne soient pollués par ce cirque médiatique ?

“Je ne sais pas vraiment ce qu’est une enfance normale. Je pense que l’enfance par essence même est quelque chose de totalement… anormal ! (rires) Tous les enfants ont une vie imaginaire et il ne faut en aucun cas la museler, la brider. Avec mon mari, nous menons une vie qui s’apparente à un cirque permanent ! On essaie pour autant de la gérer tout en restant le plus stable possible. Comme tous les parents qui travaillent, je présume. Ce qui est génial pour mes enfants, enfin il me semble, c’est qu’ils ont l’opportunité de voir l’envers du décor. Beaucoup de gens, pas seulement les jeunes d’ailleurs, sont obsédés par la notoriété. La chance de mes garçons, c’est qu’ils peuvent voir tout le travail qu’il y a derrière. Les efforts que l’on doit faire pour être au
top. Ils ne voient pas un produit fini uniquement, en l’occurrence un film, mais tous les préparatifs derrière chaque scène ! Mes enfants ne me perçoivent donc pas comme une icône glamour du coup mais comme une maman qui se démène pour répondre aux attentes d’un réalisateur ! Le fait qu’ils soient témoins de ce processus créatif normalise l’aspect paillettes demon métier.”

Avez-vous pressenti chez vos aînés, une envie de suivre les mêmes traces que vous ?

“Pour l’heure, ils sont plutôt à fond dans les mangas ! Quoique, pas plus tard qu’hier soir, un de mes fils est entré fièrement dans ma chambre en me disant qu’il envisageait de devenir Hamlet. Sans vraiment savoir qui c’est ! (Rires). J’ai un rêve concernant mes garçons : qu’ils deviennent ce qu’ils souhaitent devenir ! Mon rôle consiste uniquement à les aider à réaliser leurs rêves. À leur baliser un peu les routes à emprunter mais en aucun cas les leur imposer.”

BIEN DANS SA TETE, BIEN DANS SON CORPS

Tournant le dos aux diktats de la mode, Cate Blanchett choisit ses tenues au coup de cœur. Et remercie son coiffeur…

Vous êtes toujours sublime, toujours très apprêtée quand on vous voit. Comment faites-vous pour arriver sur le tapis rouge si resplendissante et en même temps si naturelle ?

“Le secret c’est de foire ami-ami avec son coiffeur et son maquilleur, (rires). Dites-vous bien que sans eux, sons leur sens artistique, sans leur aide, je ne serais pas là où j’en suis aujourd’hui ! Maintenant si vous portez une robe Armani couture taillée sur mesure, les probabilités pour vous faire remarquer sont encore plus grandes ! Vous savez, 50 % de mon métier consiste à passer dans les mains de ces véritables artistes ! L’image est essentielle au cinéma et il leur faut parfois qu’une dizaine de minutes pour transformer mon air de maman fatigué en un teint lumineux ! Mais je peux aussi comprendre que pour certaines de mes collègues cela soit une vraie plaie d’être l’objet de toutes les attentions !”

Si vous deviez décrire votre dressing ?

“Nous les actrices, nous avons un privilège. Ce privilège, c’est que beaucoup de designers nous sollicitent pour porter leurs créations. Le piège, c’est de se faire récupérer. De devenir leur ambassadrice, sans même s’en rendre compte. J’ai choisi le parti de porter ce que mon instinct me dicte de porter et non ce que tel ou tel couturier me pousse à mettre sur mon dos… ou sur mes fesses ! Mon dressing est globalement rempli de fringues coup de cœur. Et donc pas nécessairement des griffes. ”

Votre définition de la mode ?

“Mixer, brosser, combiner, associer, déstructurer, transformer, détourner. Il m’est arrivé, par exemple, d’associer un cardigan de plusieurs milliers de dollars avec une jupe achetée en solde chez un fripier ! La mode, je vais vous dire, c’est un truc très perso. Cela me fait toujours rire quand je vois ces coaches qui vous disent ce que vous devez ou non porter. La mode, c’est aussi une question d’état d’esprit. Vous ne vous habillez pas de la même façon si vous êtes amoureuse que lorsque vous avez le moral en berne !”

Votre couleur préférée…

“Le noir ! Quand vous êtes rousse ça fait ressortir vos cheveux et la blancheur opaline de votre visage!”

Quatre enfants et une ligne de déesse, nos lectrices sont en droit de se demander. Mais comment fait-elle ?

“J’ai toujours refusé d’écouter ou de lire toutes les conneries qui tournent autour des régimes. Qui plus est lorsque ces régimes sont des régimes Mode in Hollywood. Ils ont élaboré selon moi par des charlatans qui n’ont aucun scrupule à mettre la vie des femmes les plus fragiles en péril. En outre, je sais que, si je m’étais affamée, les hémisphères de mon cerveau auraient quelque peu merdouillé. Conséquences : je n’aurai jamais pu fournir un
travail de qualité sur grand écran. Dans The Aviator (de Martin Scorsese, NdlR), j’incarnais Katherine Hepburn, l’une des célèbres maîtresses du nabab Howard Hughes. Pour la préparation de ce film; j’avais dû me mettre au golf activement et au tennis car Miss Hepburn était une véritable athlète. Pratiquer un sport intensivement, évidemment cela vous aide à garder la ligne. Mais d’ordinaire, je ne suis pas très portée sur ce type d’activité ! Suer ! J’exècre. Bon, d’accord, je l’admets, lorsque j’attendais Dash, je m’étais inscrite pour des cours de pilâtes. Et puis, finalement, je n’y suis jamais allée. Trop H.S. à la fin de la journée !”

En attendant, vous êtes la preuve que l’on peut avoir plus de quarante ans à Hollywood et être encore sollicitée…

“Je pense que les actrices de plus de 40 ans sont en train de prendre une belle revanche à Hollywood. On ne les regarde plus comme des pestiférées, au contraire, on les respecte ! Il aura fallu du temps. Cela devenait usant de se battre contre ces a priori. Je pense que l’on peut toutes d’ailleurs remercier des actrices comme Meryl Streep ou Diane Keaton. C’est grâce à des femmes de cette trempe que nous avons pu démontrer que l’âge n’avait pas à interférer. Un acteur, une actrice ne peut pas être normée car sa fonction même, son essence même est d’offrir une infinité de palettes, de nuances. Et le fait de vieillir en fait partie. Aujourd’hui, on voit sur les écrans, des femmes bien en chair et pour certaines très en chair. On voit aussi des acteurs qui n ‘ont pas forcément un
physique de play-boy, de tombeur. Hollywood a su se réformer en profondeur en sortant des stéréotypes. C’est la même chose avec les actrices de plus quarante ans. Aujourd’hui, les bons rôles ne sont plus derrière nous,
mais devant nous ! A nous de savoir les saisir !”

via DH

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